Le Caucase est-il un pont ou une frontière ? La géographie et l’histoire ont fait du Caucase le carrefour et le point de rencontre - souvent aussi d’affrontement - entre les mondes russe, persan, turco-ottoman et des sociétés locales riches de leurs cultures spécifiques. Hier comme aujourd’hui, les grandes puissances mondiales pèsent aussi fortement sur les enjeux régionaux.
Quinze ans après la dislocation de l’URSS, les processus de reconstruction nationale et démocratique sont encore bien loin d’être achevés. L’autoritarisme et la corruption rongent les gouvernements locaux. Moscou n’a pas renoncé à influencer la destinée de la région. D’autres défis apparaissent, comme celui de la propagation d’un islam radical.
Alors que l’intérêt géostratégique du Caucase est plus fort que jamais, notamment du fait des projets en cours de réalisation d’immenses oléoducs, la misère reste le lot de l’immense majorité des populations de la région.
De quoi parlera le Courrier du Caucase ? De politique et de stratégie, bien sûr, mais aussi de d’environnement et d’écologie, de déréliction des systèmes de santé et de protection sociale, d’éducation, de jeunesse, de relations entre les hommes et les femmes, et encore de culture... Bref, de tout ce qui fait une société. De tout ce qui fait les sociétés caucasiennes, dans leurs richesses et leurs singularités.
Le Courrier du Caucase aura-t-il une « ligne politique » ? Peut-être. Il aura en tout cas quelques principes : un engagement pour la démocratie, contre les nationalismes quels qu’ils soient, pour le respect des droits des minorités, pour le soutien à la liberté de la presse et à la liberté d’expression.
La première mission du Courrier sera cependant d’essayer de comprendre et de faire comprendre les réalités des sociétés de Transcaucasie et du Caucase du Nord.
Le projet du Courrier du Caucase est initié par la Maison d’Europe et d’Orient, et par l’association des Courriers d’Europe et d’Orient, en se basant sur l’expérience acquise depuis 1998 par Le Courrier des Balkans.
Peu à peu, un réseau de correspondants et de traducteurs va se mettre en place, dans tous les pays du Caucase et à Moscou, pour vous proposer jour après jour une information diversifiée et de qualité. Nous veillerons notamment à faire entendre « en direct » la voix de la presse et des sociétés du Caucase.
Mais l’aventure ne fait encore que commencer !
Les rédacteurs en chef,
Jean-Arnault Dérens
Alexandre Billette
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